S’ouvrir aux autres et aux différences

L’automne dernier, j’ai vécu une expérience qui m’a profondément bouleversée. Il m’a fallu plusieurs semaines à me remettre d’un incident imprévisible survenu dans un commerce près de chez moi. J’ai été agressée verbalement et physiquement par un homme anxieux, stressé et probablement un peu déséquilibré… Les policiers sont intervenus. Victime de voie de fait, le policier m’informe que je peux porter plainte au criminel. Après quelques semaines de réflexion, et considérant, après coup, le peu de risque que cet individu représente, j’ai décidé d’agir autrement et de tourner la page.

Puis l’année 2017 débute sur un drame inqualifiable. Le triste attentat de Québec qui a fait six morts et cinq blessés dans une mosquée a fait rejaillir le doute dans mon esprit. Certaine que le Québec ne connaîtrait pas d’actes de violence comme ceux commis aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, j’ai d’abord été accablée, à nouveau, par cette violence gratuite, puis choquée.

Comment explique-t-on ce phénomène de violence grandissant ? Serait-il alimenté par la peur des différences ? Par un manque d’information et d’éducation ? Est-ce que les médias font involontairement la promotion de la violence en nous relatant de telles tragédies ?

Si on redoublait d’efforts à apprécier nos proches, nos collègues, nos voisins, les gens que l’on côtoie, Si on dépensait plus d'énergie à parler d'inclusion plutôt que d'exclusion, aurions-nous un monde… Click To Tweet Si les médias couvraient davantage les initiatives en ce sens, aurions-nous la possibilité d’influencer différemment la face du monde ? Je crois que oui.

Février est le mois de l’amour. Pourquoi ne profiterions-nous pas de cette période de l’année pour témoigner notre affection à tous ceux qui nous entourent. Voilà, je plonge à l’instant.

Je vous aime parce que vous m’acceptez comme je suis; Je vous aime parce que je ne me sens pas jugée; Je vous aime parce que vous acceptez d’être influencé par autrui; Je vous aime parce que vous me témoignez votre confiance; Je vous aime parce que vous êtes fidèles à mon bulletin mensuel; Je vous aime parce que vous osez partager vos inquiétudes, vos soucis, vos préoccupations avec moi; Je vous aime parce qu’au fond de vous, vous souhaitez, tout comme moi, un univers de paix.

Il est plus facile d'aimer que de haïr Click To Tweet

Avoir peur et vouloir se protéger sont des réactions légitimes face à la violence. J’avoue que dans l’intensité de mes émotions, j’ai désiré que mon agresseur soit puni. La colère est une bien mauvaise conseillère. Après quelques semaines de réflexion, j’ai décidé de pardonner, d’aimer et surtout de faire la paix avec moi-même suite à ce fâcheux incident. Car il est plus facile d’aimer que de haïr. L’énergie de la haine et du mépris est négative alors que celle de l’amour et du pardon est positive.

Je vous invite donc, en ce mois de février, « mois  de l’amour », à amorcer une réflexion sur comment faire la paix dans vos relations personnelles et professionnelles. Si vous faites l’expérience actuellement d’une relation tendue, conflictuelle ou toxique, vous pouvez aussi vous inspirer de la méthode de pardon Ho’oponopono. Elle m’a été utile et l’est chaque fois que je n’arrive pas à saisir la motivation de mon interlocuteur quant à ses propos et ses gestes. Je la trouve utile pour m’aider à gérer l’inconfort, l’antipathie, l’impatience, la déception, la colère ou autres sentiments suscités par ma difficulté à comprendre l’autre, à l’accepter dans sa différence.

Voici, en bref, quatre énoncés à se répéter, chaque fois que l’on en ressent le besoin. On peut même les répéter incessamment comme un mantra : « Je t’aime, je suis désolé, pardonne-moi, merci. »

Se répéter à soi-même ces phrases permet de nettoyer son âme. Pour citer l’auteur de la méthode Ho’oponopono, le Dr Ihaleakala Hew Len, celui qui a réussi à convertir plusieurs criminels en bons citoyens et à changer le climat de violence du pénitencier : «Mon travail sur terre est d’éveiller les gens qui pourraient s’être endormis. La seule manière de les éveiller est d’agir sur moi-même. » Selon l’auteur de cette philosophie, le problème n’est pas la réalité à l’extérieur de soi. Le problème serait à l’intérieur; et pour changer cette réalité, on devrait se changer soi-même.

Ho’oponopono!

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ho%CA%BBoponopono

© Ghislaine Labelle, M.Ps., CRHA, CSP (Certified Speaking Professional) et médiatrice accréditée)

Janvier 2017

Bon début d’année 2017!

Le mois de janvier tire à sa fin et je ne l’ai pas vu passer!  Je vous reviens sous peu avec de nouveaux articles. Comme j’ai écrit plusieurs séries d’articles au cours des 6 dernières années, j’aimerais savoir s’il y a des thèmes ou des sujets qui vous interpellent  sur les relations et la gestion humaine dans le monde du travail. Faites- moi part de vos commentaires et il me fera plaisir de partager avec vous mes réflexions.

Nouvelles:

2e édition de la journée « Femmes & Réussite» le 8 mars 2017 au Ritz Carlton à Montréal Click To Tweet

C’est avec grand plaisir que je présenterai une conférence sur la communication et les conflits: Communiquer pour prévenir et résoudre les conflits dans le cadre de l’événement « Femmes & Réussite » organisé par madame Rose-Marie Charest qui a présidé l’Ordre des psychologues du Québec de 1998 à 2015.

Je suis honorée et flattée que Rose-Marie ait pensé à moi pour sa 2e édition de cet événement offert la journée de la femme et organisé par des femmes. Les hommes sont évidemment les bienvenus !

Cliquez ici pour voir le programme et vous inscrire http://femmesetreussite.com

De nouvelles dates seront communiquées prochainement pour le programme de formation Agir comme médiateur ©.

J’ai bien hâte de vous revoir et merci de votre confiance !

Salutations Ghislaine

Trois trucs essentiels pour préserver votre équilibre émotionnel avec les personnalités narcissiques

Dans l’infolettre précédente, j’ai illustré les dommages qu’une personne narcissique peut causer au plan psychologique chez autrui. Par contre, un dosage équilibré de certains traits de personnalité chez les narcissiques peut être fort estimable.

Je m’explique.

Les personnes aux traits narcissiques sont parfois appréciées, voire même recherchées pour… Click To Tweet Leur charisme, leur ambition (quand elle ne sert pas uniquement leurs besoins personnels),leur capacité à influencer et à embrasser de grandes missions ou leur énergie débordante sont des caractéristiques très positives. Si elles sont mises au service d’un but ou d’une mission constructive, nous voilà devant une formule gagnante. Par contre, le danger survient lorsque la réussite personnelle devient l’unique source de motivation de ces personnes et que leur soif de réussite et de pouvoir limite le développement et les possibilités de réussite d’autrui. Et c’est exactement à cet endroit que le bât blesse. Dans certains contextes, ces qualités peuvent alors engendrer des tensions, des conflits ou possiblement des relations abusives.

Comme vous ne disposez pas d’un psy tous les jours pour vous guider dans vos réactions avec votre entourage immédiat, voici trois trucs à envisager si vous croyez vous retrouver dans une relation de pouvoir.

1. Adopter le rôle de conciliateur

Parfois il est plus facile de feindre l’attitude de celui qui cède, de jouer le rôle du conciliateur que celui du défenseur avec ce type de personne. Vous pouvez apprendre et pratiquer quelques phrases « diplomatiques » qui vous sauveront plusieurs maux et malaises. Par exemple, un collaborateur vous impose une façon de faire qui vous semble inconcevable a priori. Vous pouvez lui répondre gentiment: « Je n’ai pas vu la situation sous cet angle, mais cela mérite réflexion. Je vais voir comment je peux faire pour tenir compte de ton besoin ou de ta demande. Merci pour cette nouvelle information.»

En évitant de confronter la personne et d’énoncer clairement votre désaccord, vous minimisez le risque d’enclencher de vives réactions de sa part. Évidemment vous devrez tenir compte des limites de l’acceptable et du non acceptable chez cette personne afin d’éviter de vous exposer à des reproches ou des représailles de sa part.

2. Rechercher la reconnaissance ailleurs

Côtoyer ce type de personnalité exige de diminuer, voire de faire le deuil de ses besoins de reconnaissance, surtout auprès d’elles. Les personnes narcissiques, bien qu’elles ont souvent besoin de l’appui des autres pour accéder au sommet, ne témoignent pas ou peu de reconnaissance à ceux et celles qui les ont aidées. Si elles le font, c’est qu’elles ont besoin de vous et veulent vous soutirer d’autres faveurs. Quand elles n’auront plus besoin de vous, vous serez exclue de leur réseau.

Il serait même souhaitable que vous n’entreteniez aucune attente de reconnaissance de votre patron si vous avez un collègue au sein de votre équipe qui rafle tous les éloges. Ce n’est pas une bonne idée de vous mettre sur son chemin. Ce faisant, vous risqueriez de vous retrouver dans un climat de travail invivable. Recherchez la reconnaissance ailleurs, soit auprès de vos clients, soit à l’extérieur du bureau. Après tout, si vous offrez une bonne prestation au boulot, votre satisfaction devrait venir de votre fierté à accomplir avec professionnalisme le travail qui vous est confié.

3. Choisir ses batailles

Si vous n’occupez pas un poste de pouvoir, je vous cite ce que l’on m’a déjà conseillé, « Votre santé physique et psychologique est bien plus importante que de chercher à avoir raison » Click To Tweet. Au début de ma carrière, j’ai joint un cabinet de consultation. Le président, lui-même psychologue, insatisfait de l’influence qu’il exerçait sur moi, me convoque à un entretien. D’un ton confrontant et arrogant, il me dit ceci « Tu vas voir, je ferai de toi la meilleure consultante, mais pour cela je vais devoir casser ta personnalité. » Devant de tels propos, je me suis d’abord demandé s’il blaguait ou pas.

Après la rencontre, la guerrière en moi réagissait fortement à cette tentative de manipulation ou d’intimidation de sa part. Puis accablée de doutes – suis-je une personne si difficile à gérer ?-  je consulte un ex-professeur en qui j’avais une confiance totale. Tout comme le ferait un sage ou un mentor, Robert m’invite à considérer le fait qu’aucune personne n’est importante au point où elle peut me manquer de respect et encore moins se donner la mission de me casser. « Tu sors de cette boîte » m’indique-t-il prestement. Ce que j’ai fait dans les mois qui ont suivi notre entretien. Je n’ai jamais regretté cette sage décision. Céder pour mieux se respecter, c'est choisir ses batailles. Ce n'est nullement une position de… Click To Tweet

En conclusion

Les difficultés relationnelles que l’on vit avec nos proches, nos collègues et nos patrons ne peuvent pas toutes être expliquées en apposant des étiquettes de « personnalités difficiles.» Il n’est pas de mon intention de vous donner des munitions pour excuser des comportements ou des situations inacceptables et de diminuer votre sens des responsabilités face à la gestion de vos relations. Je suis profondément convaincue que plus on élargit notre compréhension des gens qui sont différents de nous, plus on est inclusif avec ces personnes différentes, plus on minimisera l’occurrence de relations difficiles et malsaines. En agissant ainsi, on ne cède pas notre pouvoir personnel aux autres, on se respecte et on a plus de chance de se faire respecter. C’est aussi une saine façon de préserver son équilibre émotionnel et son bien-être psychologique.

La période des fêtes approche. Les retrouvailles en famille peuvent devenir l’occasion de discordes et faire ressurgir de vieilles chicanes ou rancunes. Je vous invite à faire la paix avec les autres et aussi à faire la paix avec vous-même. Car, vous le méritez bien !

© Ghislaine Labelle, M.Ps., CRHA, CSP (Certified Speaking Professional) et médiatrice accréditée)