Les cinq « C » de la collaboration

Conversations délicates : pour faire face aux relations difficiles au travail


Les cinq « C » de la collaboration
5e article d’une série de cinq

Situation
Vous avez tenu un premier entretien avec un employé qui a des attitudes négatives. La première rencontre s’est bien déroulée et a permis de conclure sur des engagements à court terme. Jérémy, votre employé, a accepté de ne plus passer de remarques négatives sur les changements que vous avez initiés depuis votre arrivée. Vous êtes satisfait d’avoir réussi cette rencontre qui vous titillait depuis des semaines. Bravo!

Trois semaines se sont écoulées. Vous remarquez que Jérémy est revenu à ses bonnes vieilles habitudes, il a recommencé à rechigner sur les modifications apportées aux façons de faire, à la structure de travail mise en place. Vous êtes très contrarié que Jérémy ne respecte pas ses engagements et furieux de devoir tenir, à nouveau, une autre rencontre sur le même sujet.

Le danger qui vous guette
Le scénario décrit plus haut est un classique. Dans les faits, un changement d’attitudes ne s’opère pas en criant ciseau, et très certainement pas après une seule rencontre et trois semaines à l’essai. Croire que le changement sera permanent après un seul entretien relève de la pensée magique. Il y a un risque ici de vouloir précipiter les choses. Lorsque confrontés à des sentiments de contrariété, d’impatience, de frustration ou de colère, j’ai constaté à maintes reprises une réaction similaire chez les responsables. Du mode de collaboration, ils basculent rapidement vers l’approche disciplinaire. En dérivant vers l’approche disciplinaire vous aurez annulé les impacts positifs créés par le premier entretien. De plus, cela engendra un sentiment de confusion chez Jérémy. Il aura alors le beau jeu de résister à toutes demandes ou tentatives l’invitant à changer.

C’est un réel défi de demeurer dans la posture de collaboration. Par contre, je vous suggère fortement de maintenir cette démarche pour une période d’essai déterminée (3 mois plus ou moins). Si votre démarche s’avérait infructueuse après ce délai de temps, il sera opportun de communiquer, à votre interlocuteur, votre intention de passer à un autre mode d’intervention puisque vous lui avez offert l’occasion de se prendre en main.

Comment demeurer dans l’approche de collaboration ?
Le thème de la collaboration fait l’objet de plusieurs écrits dans la littérature. Nous avons tous vécu une expérience plus ou moins perturbante de manque de collaboration qui nous a déstabilisés. À la suite d’expériences troublantes entre collègues de travail, nombreux sont ceux qui se réfugient dans un mode individuel préférant, de loin, travailler seuls plutôt que de faire équipe. Alors que dans la situation décrite plus haut impliquant une relation patron-subordonné, il sera tentant d’opter pour exercer une pression à changer (rivaliser) par son statut hiérarchique. En ne mettant pas quelques supplémentaires, vous passez à côté d’une richesse incroyable.

Afin qu’une collaboration soit féconde, il faut beaucoup plus que de la bonne volonté. Il faut y mettre du temps, des efforts et agir sur nos attitudes. En effet, le simple fait de changer de comportement entraîne le changement chez l’autre. Cela crée aussi une ouverture. Mes prochaines infolettres seront la suite des « CINQ C». Les ingrédients indispensables à la collaboration dans le but de développer et nourrir des relations enrichissantes. Voici donc en guise d’introduction le schéma qui représente les cinq C.


© Ghislaine Labelle, M.Ps., CRHA, CSP (Certified Speaking Professional) et médiatrice accréditée)

Vivre simplement et autrement…

Devinez quelle est la Zone bleue que j’ai visitée cet été ? Je suis allée dans la péninsule du Nicoya, au Costa Rica, pour une retraite de yoga et une semaine de plongée. Magnifiques vacances qui malheureusement sont déjà terminées.

Le Costa Rica est une très belle destination, je m’y suis sentie à l’aise et bienvenue. La végétation, même en saison hivernale, est magnifique et luxuriante. Les Costaricains sont extrêmement gentils et incarnent bien leur maxime : « Pura Vida ». J’ai adopté leur rythme de vie et j’ai pu, à maintes occasions, me reposer, faire le vide, réfléchir, observer, vivre simplement et autrement. Pas de course effrénée à tenter de tout visiter. Simplement vivre le moment présent et être bien avec moi-même. C’est déjà tout un projet! Accueillir ce qui se présente à moi dans une attitude d’ouverture et de légèreté. Quoiqu’un peu déstabilisant, l’effort en vaut la chandelle, car j’ai fait des rencontres et des expériences inspirantes. Que dire de la rencontre avec la talentueuse Catherine, future auteure avec qui j’ai partagé de belles promenades et de nombreuses discussions sur le sens de la vie, de l’amour, des relations professionnelles et amoureuses et bien d’autres sujets passionnants. Et de cette journaliste-photographe, Corinna, qui rédige des articles sur les sites de plongée peu ou pas connus.

Vivre simplement et autrement

La vie nous fait cadeau de magnifiques surprises lorsqu'on ne s'y attend le moins. Click To Tweet

Un des plaisirs les plus savoureux de la vie est de prendre conscience que la vie nous fait cadeau de magnifiques surprises lorsqu’on ne s’y attend le moins.

Je pars en excursion avec un groupe de plongée vers une île où se trouvent des requins-taureaux. Nous devons faire deux heures de bateau pour nous rendre à un parc national. Nous sommes huit plongeurs. Durant la plongée, nous avons rencontré des espèces communes: murènes, pieuvres, tortues, raies et quelques poissons tropicaux. Au bout de 50 minutes, l’instructeur nous indique qu’il faut amorcer notre ascension. En remontant vers la surface, un peu déçue de n’avoir vu aucune nouveauté, je me suis fait la réflexion suivante : reste à l’affût, on ne sait jamais ce qui peut se présenter tant qu’on n’est pas sorti de l’eau. Je porte un regard au fond pour y imprimer le souvenir de l’océan, vaste et profond, et là, j’aperçois une étrange scène à une dizaine de mètres. C’est comme un immense tapis de mouchoirs blancs qui virevoltent et flottent plus bas. La visibilité n’est pas très bonne. Je fais signe aux plongeurs à mes côtés de regarder vers le bas. Et bien, croyez-le ou non, c’était une flopée de raies qui se déplaçaient allègrement en valsant sur les courants des bas fonds. Il devait y en avoir plus de 300! Du jamais vu! Nous étions tous époustouflés par la beauté de ce spectacle aussi stupéfiant qu’imprévu. Et que dire du plaisir de partager ce moment unique avec les autres plongeurs !  Vous auriez dû voir les regards scintillants d’émerveillement.

Sur le chemin du retour, j’ai réfléchi à ce moment de bonheur simple, à combien la vie est belle et parfois déroutante. On croit à tort qu’en essayant de la contrôler, on obtiendra davantage. Alors qu’en réalité, c’est en accueillant ce qui est disponible dans le moment présent que se trouve le meilleur de la vie. Je partage avec vous un petit extrait vidéo qu’un des plongeurs a été en mesure de capter. Il n’est pas très clair et ne rend nullement justice à l’intensité de notre expérience. Il fallait être PRÉSENT, et ce, dans tous les sens du terme.

En accueillant ce qui est disponible dans le moment présent que se trouve le meilleur de la vie Click To Tweet

Tout récemment, je prenais connaissance d’une étude qui démontrait que 30% des gens n’arrivent pas à décrocher du travail lorsqu’ils sont en vacances. Quel dommage de ne pas pouvoir rompre avec les préoccupations quotidiennes ! Vous l’aurez deviné, ma recette à moi pour rester en bonne santé mentale est de décrocher 3 à 4 fois par année. Et le reste de l’année, je suis tout comme vous, je bosse comme une passionnée et vis ma vie à pleine vitesse.

La rentrée s’annonce pleine de beaux projets diversifiés. Je serai présente à plusieurs événements ici à Montréal et en région.  Au plaisir de vous y croiser.

Je souhaite à toutes et à tous une belle rentrée et un merveilleux automne.

© Ghislaine Labelle, M.Ps., CRHA, CSP (Certified Speaking Professional) et médiatrice accréditée)

Ralentir pour vivre à plein le moment présent

Imaginez que la période estivale tire à sa fin. Qu’aimeriez-vous pouvoir dire à vos collègues de bureau à votre retour ? Que vos vacances ont été extraordinaires ? Que vous en avez profité pour faire le plein, faire des rencontres intéressantes et surtout, vous être occupé de votre personne, de votre santé et de votre capital énergétique.

La tentation est grande de remplir ses journées d’activités lorsque l’on dispose de temps libres. Que ce soit de s’entraîner pour maintenir la forme, lire pour acquérir de nouvelles connaissances, être à l’affût des nouveautés, se mettre à jour sur le fil de presse ou ranger la maison pour être plus organisé et plus efficace… Êtes-vous doué pour ne rien faire ou comme on dit en italien «  praticare il far niente » ?

J’ai commencé à apprivoiser cette pratique parce qu’à plusieurs reprises, il m’est arrivé de me retrouver avec les batteries complètement à plat lors de mes vacances.  Envahie par un sentiment de lassitude tellement grand, que je regrettais d’avoir dépassé mes limites.

Voici un exercice que je vous recommande de pratiquer, progressivement, les week-ends ou au moment de la période estivale à venir lors de vos moments libres.

  1. Consacrez une période importante à ne rien planifier à l’avance. RIEN du tout. Par exemple, si vous n’avez pas l’habitude de ne rien faire et surtout si vous êtes un hyperactif, considérez une journée à la fois.
  2. Durant cette période, ne prenez aucune décision. Votre cerveau doit être en mode « arrêt ». Ne décidez pas le matin de ce que vous mangerez le midi ou au repas du soir. Retardez cette décision au moment où la faim se fera sentir.  Et le cas échéant, dites-vous ceci: hum j’ai faim… quelle nourriture mon corps a-t-il besoin à l’instant présent ?  Et puis, optez idéalement pour des aliments sains.

L’expérience vous séduit-elle ? Vous est-il difficile de vous imaginer à ne rien faire et à ne pas vous lancer corps et âme dans la réalisation de divers projets? J’ai plus de facilités à vivre dans le moment présent depuis que je fais du yoga régulièrement. Je dois avouer humblement que c’est mon fidèle compagnon, Pablo, un golden retriever décédé il y a 4 ans, à l’âge de 13 ans et 10 mois qui m’a appris à ralentir.

 Les leçons de PABLO  

À un âge avancé, alors qu’il avait perdu du tonus musculaire et s’essoufflait rapidement Pablo m’a fait réaliser combien j’étais impatiente face à  la LENTEUR. Lors d’une promenade matinale, essoufflé à rattraper mon pas et éprouvant de la difficulté à le faire, Pablo s’arrête et me jette un regard inquiet et insistant qui semblait me dire : « mais après quoi coure-t-on?» Contrainte d’adopter son rythme, j’ai aussitôt réalisé l’absurdité de mon geste. Plutôt que de profiter de ce précieux moment en compagnie de mon meilleur ami et de humer le parfum des fleurs en pleine éclosion, j’ai réalisé que j’avais constamment l’esprit plongé dans ma longue liste de tâches à accomplir sans me soucier du moment présent.

À l’été 2011, je rends visite mon neveu à Québec. J’y viens assez souvent pour des motifs professionnels, mais jamais je n’ai le temps de profiter des merveilles de cette ville.  Alors cette fois-ci, je me promets de faire de belles balades sur le bord du fleuve et de flâner sans motifs dans les rues du vieux Québec. Pablo et moi en profitons pleinement. L’air est frais et c’est plus facile pour lui. Dans le quartier St-Roch où habite mon neveu, nous avons eu le plaisir de faire des rencontres inattendues qui m’ont touchée droit au cœur.

Je suis stupéfiée par les gentils témoignages de deux promeneurs. – Quel âge a votre chien? – 12 ½ ans, bientôt 13. – Il est magnifique. Il a l’air gentil. – Merci, en effet il l’est. – Ça paraît qu’il a reçu beaucoup d’amour. Vous êtes chanceuse d’avoir un si merveilleux compagnon. – Il en a donné beaucoup aussi. Il a fait du bénévolat pendant 4 années à Zoothérapie Québec.

Un autre homme se trouve tout près, et vient vers nous.

– Je ne sais pas pourquoi, je dois vous dire ceci madame. J’ai les yeux pleins de larmes, je ne peux retenir mon émotion. Votre chien vivra encore deux belles années. – Merci c’est ce que je nous souhaite. Il a tellement de choses à m’apprendre encore. Ça vous ennuierait de veiller sur lui pour quelques minutes. Vous semblez adorer les chiens. J’allais justement m’acheter un café à la Brûlerie?

Café en main, je sors de la Brûlerie et je me réjouis de voir Pablo installé confortablement aux pieds de ce parfait inconnu, témoignant ainsi une grande confiance à son égard. L’homme arbore un large sourire et Pablo a manifestement l’air enthousiaste de s’être fait un nouvel ami. Quel beau moment de gratitude!

Vivre au moment présent devrait être enseigné à l’école primaire. On pourrait tirer avantage d’une vie plus équilibrée et plus sereine très tôt, surtout de nos jours avec le rythme effréné dans lequel on vit. Les changements rapides de nos organisations, les exigences familiales et personnelles, la pression à performer nous incitent à adopter un mode de vie stressant qui nous éloigne du moment présent. On oublie que RALENTIR est essentiel à l’équilibre et au bien-être psychologique. Sans d’importantes parenthèses pour décrocher, notre esprit et notre corps se retrouvent constamment en mode alerte, sans avoir la possibilité de recharger leur batterie. C’est à la fois épuisant et vidant.

Alors que j’ai passé le cap des 50 ans, je me dis qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre et intégrer cette façon de vivre à ma réalité. J'ai réalisé qu'en cessant de courir, la vie nous apporte ce dont on a le plus besoin. Click To Tweet C’est une sensation extraordinaire que de se sentir plein d’énergie !

Et vous, quelles prises de conscience faites-vous de vos moments de ressourcement ? Que comptez-vous faire cet été pour prendre soin de vous ? Comment comptez-vous intégrer des moments de qualité dans votre vie de manière continue ? Cela vaut certainement la peine de vous arrêter quelques instants pour y réfléchir et saisir ainsi, l’ivresse du moment présent.

PS: Je travaille actuellement sur un nouveau projet de rédaction. Je serai donc moins régulière sur l’envoi de mes prochaines infolettres. 

Carpe Diem!

©Tous droits réservés Ghislaine Labelle